SORTIR !

Quel était donc cette étrange sensation ressentie lors du confinement ? quel était donc cet irrépressible besoin de SORTIR ?
Le confinement a poussé une très grande partie de la population mondiale dans le syndrome du manque de Nature. Syndrome bien connu des associations d’éducation à l’environnement comme le MNLE-69 qui se penchent sur le sujet depuis plusieurs années et organisent ses actions pour répondre à ce défi de société.

Un syndrome courant mais méconnu

En 2005, un journaliste et auteur américain, Richard Louv, a publié le résultat d’une longue enquête : Last Child in the woods (Le dernier enfant dans les bois) dans laquelle Il y développe ce concept de nature-deficit disorder (NDD) que l’on traduit communément par « syndrome de manque de nature ». Il désigne un ensemble de symptômes et de signes cliniques, qui peuvent être liés à certaines maladies, ou simplement à des écarts à la norme.

Ce syndrome de manque de nature est caractérisé par un déficit d’aptitudes sociales, d’aptitudes physiques ou d’attention mais également par une augmentation du stress ou de l’hyperactivité.

Depuis, En Europe aussi, de nombreuses études mettent en évidence des problèmes de santé liés au manque d’activité physique et de relation à la nature. La santé et le bien-être sont en jeu, tant sur le plan physique que psychique, et les enfants sont particulièrement touchés.
Le manque d’activité physique conduit directement à des états graves comme les maladies cardio-vasculaires, les diabètes de type II et l’obésité. La nature encourage l’activité physique, mais elle a également des effets sur notre bien-être psychique. Les dépressions et autres maladies qui leur sont liées sont les pathologies les plus répandues. Un grand nombre d’études montre comment la nature aide à guérir le stress et les grandes fatigues, et comment le développement physique et socio-émotionnel des enfants est stimulé par un contact direct avec la nature. Cette définition joue avec subtilité sur la gravité de la situation : les symptômes sont inquiétants et sérieux, mais le remède à ce syndrome de manque est simple et sain. Il faut augmenter le temps passer dehors 

Malgré cette évidence et ce bon sens, qu’est-ce qui fait que l’on sort moins ?

La sédentarisation et la virtualisation comme causes principales. Nous passons 80% de notre temps dans un bâtiment ou l’habitacle d’un véhicule et le temps passer devant un écran ne cesse de croitre pour atteindre des durées proches des 7 heures par jour. Ces facteurs réduisent le temps dont nous disposons pour être dehors. Mais ce ne sont pas les seules raisons et l’environnement tel que nous le concevons joue pour une part toute aussi importante dans le développement de ce type syndrome.

L’aménagement de l’espace, notamment par l’artificialisation galopante des sols au détriment des espaces naturels et agricoles se traduit par un étalement urbain qui contribue à l’augmentation des temps de déplacements. La surface d’espaces de nature disponible se réduit et s’éloigne des hommes.
Pour compenser, de nouveaux espaces verts sont créés mais ils sont de plus en plus pauvres notamment en matériaux (bois, branches, feuilles) par soucis hygiéniste et sécuritaire (fini les cabanes, les constructions et autre mondes imaginaires). On ôte ainsi toute une potentialité pédagogique et toute une part de l’intérêt que ces milieux pourraient susciter chez les enfants.
En s’éloignant de la nature, l’homme nourrit sa peur de celle-ci et par extension de l’extérieur. Couplée à une atmosphère hygiéniste et sécuritaire, cette peur pousse à encore plus à rester dedans.

Le MNLE-69 en actions

Fort de ce diagnostic, le MNLE-69 a cherché depuis plusieurs années à développer des actions permettant de retourner vers la nature. Le confinement lié à la Pandémie a été un accélérateur formidable, il a permis à tout le monde d’expérimenter cette privation de liberté et de ressentir cette nécessité absolue d’aller dehors. Les contraintes sanitaires (port du masque, distance de sécurité etc…) ont fait de l’extérieur un lieu beaucoup plus vivable que les salles de classes ou de réunions. Les professionnels de l’éducation se sont alors tournés vers des professionnels qui avaient une expérience des apprentissages dehors.

Le MNLE-69 a donc été choisi par la ville de Lyon pour former son personnel de la petite-enfance à amener les tout-petits dehors et proposer des activités par l’intermédiaire du jardin notamment.
Au niveau des établissements scolaires, en collaboration avec d’autres structures associatives, le Rectorat de Lyon et la Métropole de Lyon, le MNLE-69 s’est inscrit dans le Plan Académique de Formation des Enseignants pour proposer un module « Faire classe dehors » .
Toujours dans ce soucis de partager son vécu et son expérience, le MNLE-69 coorganise annuellement une journée d’échanges sur l’éducation dehors, à destination de professionnels de tous bords souhaitant réinterroger leurs pratiques au regard des bienfaits de le faire dehors.

Depuis 3 ans, l’association accompagne des écoles et des enseignants à faire classe dehors, dans une forêt, un parc urbain ou une prairie. Ces actions sur une année scolaire, permettent de suivre l’évolution des classes dans cette environnement inhabituel.

Les populations bénéficiant de ces programmes ont une lecture médiatique des problématiques environnementales générant ainsi une forte éco-anxiété. Cette éco-anxiété nourrit le syndrome de manque de nature qui les éloignent encore plus des bienfaits du dehors.

Entrer dans nos programmes de « retour à la terre », qui agissent sur le beau, le bien, le bon et le faire ensemble, offrent une expérience positive de la relation de l’homme à la nature.

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